Sahara occidental: le Conseil de sécurité demande aux parties au conflit de reprendre les négociations sans préconditions

2 Novembro, 2018
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Le Conseil de sécurité a enjoint mercredi le Maroc et le Front Polisario de reprendre les négociations sans préconditions et de bonne foi ” en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental “.

Aux termes de sa résolution prorogeant le mandat de la MINURSO de six mois, le Conseil de sécurité a souligné l’importance pour les deux parties ” de s’engager à nouveau à faire avancer le processus politique dans la perspective d’une cinquième série de négociations “.

La dernière fois où le Front Polisario et le Maroc se sont installés à la même table de négociations remonte à mars 2012 à Manhasset aux Etats-Unis. Depuis le processus de paix est au point mort.

Par 12 voix pour et trois abstentions (la Bolivie, la Russie et l’Ethiopie), l’instance suprême des Nations Unies a adopté une résolution prorogeant le mandat de cette mission onusienne de six mois, un vote intervenant après deux jours de tractations intenses sur le texte présenté par les Etats-Unis.

L’organe onusien, a considéré le statut quo au Sahara Occidental “inacceptable”, jugeant “essentiel que les négociations progressent afin d’améliorer la qualité de vie du peuple du Sahara Occidental “.

Le Conseil de sécurité a exprimé son plein appui à l’intention du secrétaire général et de son envoyé personnel, Horst Kohler, de relancer le processus de négociations avant la fin de l’année, se félicitant que le Front Polisario et le Maroc et les pays observateurs, l’Algérie et la Mauritanie aient répondu favorablement aux invitations à une première table ronde à Genève les 5 et 6 décembre.

Intervenant à l’issue du vote, l’ambassadeur adjoint des Etats-Unis, Jonathan Cohen, a tenu à préciser que la réunion de décembre ne sera pas ” un événement unique ” car elle ” doit marquer le début d’un processus de négociations directes “.

Jonathan Cohen, dont le pays est porte-plume des résolutions sur le Sahara Occidental, a affirmé que cette réunion représentait ” une première étape cruciale ” dans ce processus durant laquelle les parties au conflit doivent rester attachées aux négociations jusqu’à l’aboutissement du processus.

Expliquant la position américaine sur la Minurso, l’ambassadeur adjoint a précisé que les Etats Unis ” s’étaient lancés dans une nouvelle approche ” concernant cette mission onusienne.

” Premièrement, il ne peut plus y avoir de “statut quo” au Sahara Occidental. Deuxièmement, nous devons apporter tout notre soutien à l’envoyé personnel Kohler dans ses efforts pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permettra l’autodétermination du peuple du Sahara occidental “, a déclaré le diplomate américain.

” La prorogation ( ) de six mois témoigne de notre détermination de voir les négociations progresser rapidement, de bonne foi et sans conditions préalables “, et “énonce également clairement que le Conseil de sécurité ne laissera pas le Sahara occidental et la Minurso retomber dans l’oubli “, a relevé Jonathan Cohen.

De son côté, le représentant de l’Ethiopie, Taye Atske Selassie a dit souhaiter que les efforts déployés par l’envoyé spécial pour relancer le processus de paix permettent de résoudre ce conflit.

” L’Ethiopie ne cesse de dire que le règlement de ce différend doit reposer sur une solution politique mutuellement acceptable, respectant le droit à l’autodétermination inscrit dans la Charte des Nations Unies. Seule la mise en œuvre de ce droit peut aider à sortir de la crise”, a déclaré le représentant.

Cependant, l’Ethiopie n’a pas voté en faveur du texte, car les remarques formulées par sa délégation n’ont pas été prises en compte par les Etats-Unis, a précisé Taye Atske Selassie.

L’ambassadeur de la Russie, Vassily Nebenzia, a soutenu que le règlement du conflit au Sahara Occidental doit se fonder sur les paramètres convenus au sein du Conseil de sécurité pour encadrer les parties au conflit ainsi que sur la recherche d’une solution politique.

Décriant ” une tentative de déroger à ces principes “, le diplomate russe a expliqué que si la Russie n’a pas ” bloqué la résolution c’est parce qu’elle reconduit un mandat important pour la stabilité régionale”.

Le représentant des Pays-Bas, Karel Jan Gustaaf Van Oosterom, a salué l’adoption de la résolution rappelant que” l’objectif était de parvenir à terme à une solution politique mutuellement acceptable qui permettra au peuple du Sahara occidental d’exercer son droit à l’autodétermination”.