Avec “La bataille d’Alger, un film dans l’histoire” Malik Bensmail sublime l’oeuvre de Gillo Ponte Corvo

7 Setembro, 2018
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En opérant un retour sur “La bataille d’Alger”, 62 ans après sa sortie en salle et son sacre suprême (Lion d’or) à Venise (Italie), le cinéaste Malek Bensmail a sublimé l’oeuvre de Gillo Ponte Corvo dans son documentaire “La bataille d’Alger, un film dans l’histoire”.

Projeté, mardi soir aux journées cinématographique de Bejaia, le film, un documentaire de près de 120 minutes, a séduit, voire impressionné avec un contenu riche, une structuration fluide et une approche pour le moins originale, montrant que le cinéaste Bensmail a été non seulement bien inspiré de s’emparer de l’oeuvre de Ponte Corvo, mais a eu raison de le faire.

Malek Bensmail n’a pas refait, en effet, une copie de “la bataille d’Alger”, ni même emprunté ou collé des séquences de ce film mythique à son oeuvre.

Il s’est tout bonnement contenté, mais avec génie d’en parler, de narrer les conditions de sa réalisation, notamment dans le contexte politique et militaire d’alors, a seulement 03 ans de l’indépendance du pays et, surtout, sa résonnance internationale. Le film “La bataille d’Alger”, étant devenu un culte, étudié dans “les plus grandes officines militaires”, y compris au Pentagone, aux Etats unis, où il a été utilisé comme outil pédagogique pour comprendre et faire face aux guérillas et résistances populaires dans certains pays.

Il a inspiré, à partir de 1970, une foule de mouvements révolutionnaires et nationalistes, en Afrique, en Amérique latine, en bute alors avec des régimes fascisants, et ce jusqu’en Amérique du nord, avec le mouvement des “Blacks panthers” à New york, qui tous en avaient fait leur “livre de chevet”…

A l’évidence, rien n’est affirmé avec légèreté ou de façon approximative, Malek Bensmail, ayant pris soin de donner la parole, souvent de façon duelle aux protagonistes, mais aussi en livrant une documentation fournie sur ses (ces) affirmations. Du cinéma démonstratif en somme, qui ne cède rien à l’a peu-près, mais qui fait de “la dictature de la vérité”, selon l’expression de la fille de Gillo ponte Corvo, ½ son crédo », celui là même, qui a caractérisé l’esprit du tournage du film, originelle, et qui a valu des tensions énormes entre les deux coscénaristes, Yacef Saadi et Franco Salina, d’une part, et yacef Saadi et Ponté corvo, d’autre part.

Un film sérieux, passionnant, sans prétention de refaire l’histoire, mais qui s’attache à la dire, en braquant la caméra sur le rôle et les ambiguïtés de “La bataille d’Alger”.