Securité alimentaire

26 Novembro, 2013
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Les experts du Dialogue 5+5 plaident pour une stratégie commune 

 
 
 
ALGER- Les experts du Dialogue 5+5 ont plaidé lundi à Alger pour la mise en place d’une "stratégie commune" accompagnée de mesures "concrètes" pour garantir la sécurité alimentaire des 300 millions de personnes vivant dans les dix pays de la Méditerranée occidentale.
 
Intervenant à l’ouverture de l’atelier sur la sécurité alimentaire animé par les experts du Dialogue 5+5, le secrétaire général au ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Fodhil Ferroukhi a souligné que les dix pays se sont engagés à "réfléchir ensemble aux actions collectives qui permettraient à chacun de concrétiser plus sûrement et plus rapidement l’objectif partagé de la sécurité alimentaire".
 
Tout en rappelant les évènements ayant bouleversé les approches en vue d’assurer la sécurité alimentaire comme la crise alimentaire de 2007 et 2008 et la crise financière ainsi que l’impact des changements climatiques, ce responsable a noté qu’il s’agissait pour les participants de réfléchir aux conditions nécessaires pour assurer durablement la sécurité alimentaire pour les 300 millions de personnes vivant dans nos dix pays".
 
Les experts devraient soumettre leurs recommandations à la conférence des ministres de l’agriculture du Dialogue 5+5 prévue mercredi à Alger.
 
Le groupe des pays des 5+5 comprends l’Algérie, la Tunisie, la Libye, la Mauritanie et le Maroc pour la rive sud, l’Espagne, la France, Malte, le Portugal et l’Italie pour la rive nord de la Méditerranée.
 
"Ce qu’on va demander aux ministres, c’est de savoir qu’elles sont les dispositions supplémentaires à prendre pour faciliter un partenariat régional garantissant une sécurité alimentaire durable", a souligné, de son côté, le directeur général de l’Institut national de Recherche agronomique d’Algérie (INRAA) Foued Chehat en marge de l’atelier.
 
"Si on arrive à trouver une méthode ou une stratégie commune, ça sera très positif pour l’avenir", a-t-il ajouté.
 
Parmi les axes prioritaires de cette stratégie, M. Chehat a cité la nécessité de "travailler ensemble et de manière sérieuse" afin d’avoir une meilleure connaissance des marchés de l’agroalimentaire pour prévoir des crises et de s’entendre sur des méthodes de régulation des marchés dans les pays concernés.
 
Les experts discuteront aussi de la manière de bâtir une coopération en matière de systèmes agricoles durables, c’est à dire aller vers une agriculture plus protectrice de l’environnement.
 
Vers une action commune pour mieux maîtriser la volatilité des prix 
 
Dans la rive sud, l’Algérie a besoin, par exemple de se doter d’entreprises capables de produire des fertilisants organiques avec des PME françaises ou espagnoles afin de maîtriser les nouvelles techniques de production d’engrais propres, a illustré M. Chehat.
 
"Les dix pays sont fortement menacés par les changements climatiques, lesquels se traduisent par des sècheresses prolongées, des risques plus élevés sur les productions agricoles, une raréfaction de l’eau et des feux de forêts", a-t-il souligné.
 
Pour cela, ces nations sont appelées à échanger leurs expériences, à améliorer les connaissances de leurs cadres et scientifiques et à identifier des programmes de recherche et d’innovation afin de minimiser les conséquences de ces aléas. Elles doivent aussi définir des actions communes pour se prémunir de la volatilité des prix des matières premières agricoles sur le marché mondial d’autant plus que la rive sud est loin d’atteindre les niveaux de rendement lui permettant d’assurer son indépendance alimentaire.
 
"La rive nord est exportatrice de matières premières notamment les blés et les pays du sud sont des importateurs nets. Nous devons donc travailler ensemble afin de mieux connaître les marchés et maîtriser la volatilité des prix et accroître les solidarités et les échanges", a estimé Le Henaff, sous-directrice des échanges internationaux au ministère français de l’Agriculture.
 
Selon elle, cette conférence est l’occasion pour mettre en place des mesures concrètes "afin d’améliorer la sécurité alimentaire dans notre région, et ce, en augmentant la productivité aussi bien au nord qu’au sud et aider les pays importateurs à limiter les effets de la volatilité des prix des produits agricoles".
 
Les experts maghrébins ont soulevé, quant à eux, la problématique de la désertification qui limite les chances de la région à assurer sa sécurité alimentaire.
 
"Selon les derniers rapports, la désertification touche 90% de la région du Maghreb. Nous sommes loin de la sécurité alimentaire", a indiqué Chadi Abou Adjila directeur de la sécurité alimentaire au sein de l’Union du Maghreb arabe (UMA).
 
La première conférence ministérielle du dialogue 5+5 sur l’agriculture et la sécurité alimentaire sera organisée dans le cadre du dialogue entre les pays de la Méditerranée occidentale, et conformément aux conclusions de la 10ème conférence des Ministres des Affaires étrangères du 5+5, tenue à Nouakchott (Mauritanie) le 16 avril 2013.